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Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive

Ecole des hautes études en scienes sociales

Publications

Collection Pragmatismes

Aux Éditions Pétra

Responsables :
Francis Chateauraynaud, Josquin Debaz et Jean-Michel Fourniau


Quels concepts devons-nous inventer pour déchiffrer l'agglomération turbulente des processus contemporains ?

Par quels outils les sciences sociales peuvent-elles saisir un monde lourd d’incertitudes, bouillonnant d’inventions qui bousculent continûment le lien social et la culture humaine ?

Que signifie « décrire » lorsqu’il n’est plus un seul objet, une seule activité, un seul événement qui ne soit au cœur de controverses ou de conflits, rendant illusoire toute position d'extériorité du chercheur ?

En renouant avec les principes d’une enquête pragmatique, par nature coopérative, cette collection rassemble des ouvrages capables de changer le regard sur les processus critiques qui saisissent les acteurs et dont ils se saisissent en retour. Des questions environnementales aux problèmes de santé publique, des ruptures scientifiques et technologiques aux modalités concrètes de l’expérience sociale, des nouvelles formes d’emprise aux modes de résistance, de l'épuisement des modèles de légitimité aux contre-pouvoirs de la démocratie participative, il s’agit de forger et de partager des analyses originales sur les transformations des modes d’existence, des formes de connaissance et des systèmes de valeurs. En amont du concept de « monde commun », la collection Pragmatismes se donne pour objet d'accompagner la construction de nouvelles prises collectives.


Titres déjà parus dans Pragmatismes

Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique
Francis Chateauraynaud
Paris, Éditions Pétra, 2011, 484 p.

L'institution mondiale du dopage. Sociologie d'un processus d'harmonisation
Julie Demeslay
Paris, Éditions Pétra, mai 2013, 509 p.

Le droit saisi au vif. Sciences, technologies, formes de vie
Marie-Angèle Hermitte (entretiens avec Francis Chateauraynaud)
Paris, Éditions Pétra, juin 2013, 400 p.

Experts et faussaires. Pour une sociologie de la perception
Christian Bessy et Francis Chateauraynaud
Réédition augmentée d'une postface des auteurs
Paris, Éditions Pétra, 2014, 518 p.

La ville durable controversée. Les dynamiques urbaines dans le mouvement critique
Jérôme Boissonade (dir.)
Paris, Éditions Pétra, 2015, 484 p.


À paraître dans la même collection fin 2015

Une science sous surveillance. Les cellules souches embryonnaires en France
Philippe Brunet

Aux bords de l'irréversible. Sociologie politique des anthropo-scènes
Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz

Pour tout projet de publication dans Pragmatismes, s'adresser aux Directeurs de collection .


Éditions Pétra

12, rue de la Réunion, 75020 Paris
Tél : 01 43 71 41 30 / Fax : 01 43 70 62 25
Contact : info@editionspetra.fr

Consulter le catalogue des Éditions Pétra.

Parutions récentes

« Métrologies spatiales et milieux en interactions »
Francis Chateauraynaudet Josquin Debaz
Draft d'un chapitre d'ouvrage édité par Michel Avignon, Cathy Dubois et Philippe Escudier (dir.)
Observer la terre depuis l’espace : enjeux scientifiques, économiques et politiques
Paris, Dunod, 2014, 252 p.


Experts et faussaires. Pour une sociologie de la perception
Christian Bessy et Francis Chateauraynaud
Réédition augmentée d'une posface des auteurs, Paris, Éditions Petra, 2014, 518 p.


Le droit saisi au vif. Sciences, technologies, formes de vie
Marie-Angèle Hermitte
entretiens avec Francis Chateauraynaud, Paris, Éditions Petra, 2013, 404 p.


L'institution mondiale du dopage. Sociologie d'un processus d'harmonisation
Julie Demeslay
Paris, Éditions Petra, 2013, 509 p.


Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique
Francis Chateauraynaud
Paris, Editions Pétra, 2011, 484 p.


Les intermittents du bio. Pour une sociologie pragmatique des choix alimentaires émergents (préface de Francis Chateauraynaud)
Claire Lamine
Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 2008, 341 p.


Le débat public : une expérience française de démocratie participative
Jean-Michel Fourniau et al (eds.)
La Découverte, 2007, 412 p.


Être vigilant. L'opérativité discrète de la société du risque (préface de Francis Chateauraynaud)
Jacques Roux (ed.)
Presses Universitaires de Saint-Etienne, 2006, 268 pp.

Ouvrages

Francis Chateauraynaud
La faute professionnelle. Une sociologie des conflits de responsabilité
1991, Paris, Métailié, "Leçons de choses", 475 p.


Christian Bessy et Francis Chateauraynaud
Experts et Faussaires. Pour une sociologie de la perception
1995, Paris, Métailié, "Leçons de choses", 365 p.
Réédition augmentée d'une postface des auteurs parue en 2014 aux Éditions Pétra.


Francis Chateauraynaud et Didier Torny
Les Sombres Précurseurs. Une sociologie pragmatique de l'alerte et du risque

Paris, Editions de l'EHESS, 1999, 480 p.
Ouvrage réédité par les Éditions de l'EHESS en 2013, augmenté d'une postface de Claude Gilbert.

Parmi les actes ouvertement tournés vers autrui, le cri d'alarme occupe une place privilégiée. En s'intéressant aux procédés par lesquels des " lanceurs d'alerte " s'efforcent de faire reconnaître un danger, cet ouvrage interroge nos catégories de l'action et de la décision. En effet, l'alerte prend forme sur fond de vigilance et de participation au cours des choses. Elle naît de l'attention aux signes précurseurs et convoque des expériences marquantes, des précédents, qu'elle relie à un avenir proche ou lointain, en faisant de l'acte présent une épreuve de réversibilité, une source possible de prise sur le futur.

Trois dossiers, développés ici de manière détaillée, illustrent cette problématique de l'alerte : le dossier de l'amiante, marqué par une " période muette " de près de quinze ans, cruellement exemplaire d'une perte de prise collective, celui de la radioactivité qui n'a pas fini de défrayer la chronique avec la gestion des déchets nucléaires, et, enfin, celui des maladies à prions dont le rebondissement spectaculaire, avec la " crise de la vache folle ", témoigne de l'invention de nouvelles formes de vigilance face aux risques d'un monde en réseaux.


Francis Chateauraynaud
Prospéro. Une technologie littéraire pour les sciences humaines
2003, Paris, CNRS éditions, 403 p.

Qu'est-ce que bien connaître un dossier ? Comment dégager l'essentiel, sans perdre le sens des détails, quand les réseaux de communication rendent accessibles de grandes quantités d'informations et que l'on parle de " management des connaissances " ? Comment, face à une telle prolifération de textes et d'énoncés, reconnaître l'information pertinente pour étayer ou invalider des intuitions personnelles et trancher entre plusieurs interprétations possibles ?

Autant de questions auxquelles l'auteur tente d'apporter des réponses. Se proposant de partir des affaires, des controverses et des crises qui jalonnent nos sociétés, Francis Chateauraynaud développe une nouvelle manière d'aborder l'analyse des dossiers complexes. Cette démarche passe par la création d'une technologie littéraire, concrétisée par le logiciel Prospéro, qui repose sur des formes de coopération inédite entre interprètes humains et procédures informatiques.

Au lieu d'opposer des traitements automatisés à des " lectures " individuelles ou collectives, Prospéro les fait travailler de concert, aidant l'interprète à élaborer ses prises à partir des espaces de variation fournis par les textes eux-mêmes. La présentation des concepts et des techniques utilisés est l'occasion de confronter les régimes cognitifs instaurés par la statistique, la linguistique ou l'intelligence artificielle, avec les enjeux de la sociologie et de l'histoire contemporaines. Prolongeant la discussion théorique à travers différentes épreuves empiriques, ce livre convoque toute une gamme d'applications qui vont des polémiques divisant les intellectuels (Louis-Ferdinand Céline, affaire Sokal) aux grands dossiers concernant les risques collectifs (dossiers de l'amiante, du nucléaire ou du prion), en passant par les affaires judiciaires ou politiques (affaire de la Mnef ou mouvements des sans-papiers).


Francis Chateauraynaud
Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique
Paris, Editions Pétra, 2011, 484 p.

Le surgissement de controverses ou de causes collectives dans l'espace public est souvent traité comme le produit de stratégies médiatiques ou d'instrumentalisations politiques, par lesquelles des groupes parviennent à imposer des enjeux et modifier un rapport de forces. Mais comment des porteurs de cause peuvent-ils atteindre des cibles souvent hors de portée ? A travers l'analyse de multiples dossiers, cet ouvrage modifie le regard porté sur les processus de mobilisation qui sous-tendent la constitution des problèmes publics. Contribuant au renouvellement des méthodes de la sociologie pragmatique, il s'intéresse aux longs processus par lesquels se forment et se déforment des jeux d'acteurs et d'arguments dont la portée change au fil du temps. Exposée dans toutes ses conséquences théoriques, cette démarche articule une sociologie argumentative, qui prend au sérieux la formation des arguments, et une balistique sociologique décrivant à la fois les trajectoires visées par les acteurs et les trajectoires effectivement produites au fil des confrontations.

Comment naissent de nouveaux arguments et comment résistent-ils à la critique ? Peuvent-ils circuler sans altération, une fois propulsés dans des univers turbulents, livrés aux jeux de pouvoirs qui affectent durablement le sens des causes et des mobilisations ? Comment se distribuent les capacités d'expertise et quelles sont les formes de légitimité ou d'autorité reconnues par les protagonistes ? Comment se forme l'accord sur les preuves et comment s'élaborent les visions du futur ? Pour examiner ces questions, l'auteur prend appui sur de nombreux dossiers controversés, du nucléaire aux OGM, de l'amiante aux nanotechnologies, des pandémies virales au changement climatique, ou encore sur des mouvements sociaux comme les intermittents du spectacle ou les chercheurs en colère.


Christian Bessy et Francis Chateauraynaud
Experts et Faussaires. Pour une sociologie de la perception
Réédition augmentée d'une postface des auteurs, Éditions Petra, Paris, 2014, 518 p.

Voici un livre, Experts et faussaires, publié une première fois en 1995. Analysant les épreuves d'authentification de nos sociétés contemporaines, il n'a rien perdu de son acuité. Affaires et controverses n'ont cessé de se déployer dans les arènes publiques : les cas de fraudes, de contrefaçons et de faux se succèdent avec, à chaque fois, des surprises et des innovations, dans de nouvelles configurations technologiques et normatives. Si de faux clonages de cellules souches (affaire Hwang) n'étaient guère possibles au début des années 1990, ils surviennent à la suite d'une longue série de fraudes scientifiques ; les manipulations spectaculaires associées aux noms de Kerviel, Madoff ou Goldman-Sachs ont enrichi une collection déjà florissante de scandales financiers ; quant aux enjeux de la contrefaçon, ils ont depuis longtemps dépassé les questions de produits de luxe pour toucher les médicaments, les ordinateurs, les pièces d'avion et même les centrales nucléaires... Et, bien sûr, au milieu du cortège, surgissent de nouveaux « faussaires de génie » défrayant la chronique des milieux de l'art.

Mensonges, escroqueries, piratages ou simples canulars, ce sont là des pratiques normalement anticipées par les dispositifs de protection et de contrôle destinés à les rendre illicites – mais jamais complètement impossibles. L'épreuve du faux conduit ainsi à regarder autrement les instruments et les normes, qu'il ne s'agit plus de saisir in abstracto mais à travers l'activité des experts et des faussaires. Pour saisir les détournements qui naissent dans la mise en oeuvre quotidienne des objets et des agencements qui les encadrent, l'ouvrage élabore une théorie subtile de la perception, entendue comme un art de la prise sur le monde.
Cette réédition est accompagnée d'une préface et d'une postface des auteurs.


Olivier Caïra
Hollywood face à la censure.Discipline et innovation cinématographique
Ed. CNRS, 2005, 208 p.

Pourquoi les Etats-Unis, où la liberté d'expression est garantie par la Constitution, voient-ils proliférer plus de trois cents commissions de censure cinématographique à partir de 1915 ? Pourquoi les studios hollywoodiens ont-ils créé, dès les années 1920, un dispositif interne pour contrôler les films ? Pourquoi les films de gangsters subissent-ils un coup d'arrêt en 1932 ? Telles sont quelques-unes des questions que pose cet ouvrage renouvelant l'approche de la censure. La dernière partie est consacrée au code de la représentation de la violence après la tuerie du lycée de Columbine (Colorado).


Didier Demazière, Claire Brossaud, Patrick Trabal et Karl van Meter (dir.)
Analyses textuelles en sociologie. Logiciels, méthodes, usages
Presses Universitaires de Rennes, 2006, 224 p.

La sociologie s'appuie notamment sur l'analyse de matériaux langagiers ou textuels (entretiens d'enquête, archives écrites ou orales, dossiers de presse...). Leur exploitation appelle le recours à des logiciels spécialisés. Ce livre vise à expliciter le cadre épistémologique de l'utilisation de ces logiciels : ce qu'ils peuvent faire et comment ces méthodes peuvent être mobilisées.


Julie Demeslay
L'institution mondiale du dopage. Sociologie d'un processus d'harmonisation
Paris, Éditions Petra, 2013, 509 p.

1963, Uriage-les-Bains : réunis en congrès, des médecins et des spécialistes du sport appellent à l'unification des réglementations sportives en matière de lutte contre le dopage. Trente ans plus tard, les premiers scandales éclatent et les affaires se multiplient, mettant au jour les dysfonctionnements de réglementations internationales aussi cacophoniques que dépassées. Pour y mettre fin, une Agence Mondiale Antidopage (AMA) est créée en 1999. Sa mission : harmoniser les réglementations et encadrer au plus près l'activité de ceux qui œuvrent aux nouveaux dispositifs de contrôle et de prévention. Mais qu'est-ce qu'harmoniser veut dire ? Comment s'y prendre pour identifier des substances et des pratiques illicites, fixer des technologies biomédicales, créer des formes de collaboration et gérer les conflits éventuels ?

Faire une sociologie de l'harmonisation conduit à entrer au cœur du travail politique et technique réalisé sous l'égide de l'AMA. Une documentation couvrant près de cinquante ans d'histoire politique du dopage à l'échelle mondiale rend visible la série des alertes, des controverses et des processus de décision qui ont marqué la trajectoire normative des mondes du sport. Avec la création de l'AMA, puis l'élaboration du Code mondial antidopage, se transforment sous nos yeux les cadres institutionnels dans lesquels évoluent des acteurs dotés de valeurs et d'intérêts différents. Dans cette configuration sociale particulière, chacun d'eux tente d'articuler au mieux, sans toujours parvenir à éviter les disputes et les crises, des principes axiologiques, des dispositifs techniques et des pratiques corporelles. L'harmonisation apparaît dès lors comme la quête d'un équilibre subtil entre la réinterprétation locale des règles et les contraintes supposées uni-verselles des instances de surveillance et de contrôle.

Ancienne doctorante de l'Université Paris-Ouest (Nanterre), Julie Demeslay est Maître de Conférences à la faculté de Sciences de l'Éducation, Sciences Sociales (SESS) et Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) de l'Université Paris-Est (Créteil Val-de-Marne). Elle est également associée au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive de l'EHESS.


Marie-Angèle Hermitte
Le droit saisi au vif. Sciences, technologies, formes de vie, entretiens avec Francis Chateauraynaud
Paris, Éditions Petra, 2013, 404 p.

L'un dit, – on les voyait surgir tout d'un coup, les clones, le prion, les transgènes !
L'autre répond, – c'était intrigant !

Marie-Angèle Hermitte revisite quarante ans de recherches menées sur les frontières du droit au fil d'une série d'entretiens avec Francis Chateauraynaud. Si le rapport biologie-droit domine la conversation, le développement économique et ses limites, les mécanismes de marché et les valeurs non marchandes, les phénomènes de concurrence, les rapports Nord-Sud et les propriétés intellectuelles plantent le décor, un « écosystème » dans lequel s'installent les biotechnologies naissantes. Marie-Angèle Hermitte évoque les mutations de la recherche et des terrains aussi différents que l'industrie française ou les villages malgaches. Elle présente sa vision du droit comme un « autre monde », déformation subtile du « vrai monde ». Comme si le droit organisait l'ordonnancement de tout ce qui surgit d'un côté du miroir et doit trouver sa place de l'autre côté. Parmi les objets de droit, il faudra mettre à leur juste place l'ADN, les cellules, les variétés végétales, les ondes électromagnétiques, l'atmosphère...

Mais comment recevoir, ou refuser, les aspirants à la qualité de sujets de droit, ceux qui prennent une figure humaine, comme les générations futures ou ces entités discutées que sont les embryons et les foetus, mais aussi les non-humains parmi lesquels la diversité biologique et tous les êtres végétaux ou animaux qu'elle abrite ? Imprégnée d'un monde enchanté qui lui inspire une forme d'animisme juridique, Marie-Angèle Hermitte dessine le droit comme une architecture en perpétuel renouvellement où circulent sujets et objets.

Marie-Angèle Hermitte est juriste, directeur de recherche au CNRS? directeur d'études à l'EHESS. Elle a publié en 1996 Le Sang et le droit. Essai sur la transfusion sanguine (Le Seuil) et est l'auteur de nombreux articles dont « Le fondement juridique d'une société des sciences et des techniques par les crises et les risques» (2007) et «La nature, sujet de droit?» (2011).

Chapitres d'ouvrages

Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz
« Métrologies spatiales et milieux en interactions »
Draft d'un chapitre d'ouvrage édité par Michel Avignon, Cathy Dubois et Philippe Escudier (dir.), Observer la terre depuis l'espace : enjeux scientifiques, économiques et politiques
Paris, Dunod, 2014.

Le surgissement de controverses ou de causes collectives dans l'espace public est souvent traité comme le produit de stratégies médiatiques ou d'instrumentalisations politiques, par lesquelles des groupes parviennent à imposer des enjeux et modifier un rapport de forces. Mais comment des porteurs de cause peuvent-ils atteindre des cibles souvent hors de portée ? A travers l'analyse de multiples dossiers, cet ouvrage modifie le regard porté sur les processus de mobilisation qui sous-tendent la constitution des problèmes publics. Contribuant au renouvellement des méthodes de la sociologie pragmatique, il s'intéresse aux longs processus par lesquels se forment et se déforment des jeux d'acteurs et d'arguments dont la portée change au fil du temps. Exposée dans toutes ses conséquences théoriques, cette démarche articule une sociologie argumentative, qui prend au sérieux la formation des arguments, et une balistique sociologique décrivant à la fois les trajectoires visées par les acteurs et les trajectoires effectivement produites au fil des confrontations.

Comment naissent de nouveaux arguments et comment résistent-ils à la critique ? Peuvent-ils circuler sans altération, une fois propulsés dans des univers turbulents, livrés aux jeux de pouvoirs qui affectent durablement le sens des causes et des mobilisations ? Comment se distribuent les capacités d'expertise et quelles sont les formes de légitimité ou d'autorité reconnues par les protagonistes ? Comment se forme l'accord sur les preuves et comment s'élaborent les visions du futur ? Pour examiner ces questions, l'auteur prend appui sur de nombreux dossiers controversés, du nucléaire aux OGM, de l'amiante aux nanotechnologies, des pandémies virales au changement climatique, ou encore sur des mouvements sociaux comme les intermittents du spectacle ou les chercheurs en colère.

Articles en ligne

2009

Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz
"Le partage de l'hypersensible. Le surgissement des électro-hypersensibles dans l'espace public", article soumis à publication, septembre 2009
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